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Publié par mohand

Présidentielle 2014 : obstinés, nous ne voulons rien voir !

Le dispositif pour la présidence à vie, versus premier sultanat, les deux séquences peuvent très bien s’articuler dans le même mouvement, est largement déployé. Ne reste qu’à apporter l’ultime touche : mettre un directeur de compagne à la tête du gouvernement d’une république moribonde. Les verrous sont posés et les ministres résidents intronisés aux postes stratégiques. Ministères régaliens confiés à des prétoriens promus au cours des trois mandats, conseil constitutionnel placé sous le contrôle d’un fidèle parmi les fidèles, institution militaire mise sous bonne garde et mobilisée pour contrôler le seul instrument qui pourrait disposer de quelques capacités de manœuvres pour 2014. Le message adressé, récemment, aux walis pour leur annoncer qu’à l’horizon de juin 2014 un important mouvement les toucherait apparait comme une touche de style, une de ces petites cerises, décorations superflues, sur le gâteau. Et pourtant, malgré et envers tout cela, de bonnes âmes annoncent, ici et là, leurs hasardeuses candidatures.

Le drame qui se dessine est-il à ce point difficile à voir ? Bouteflika ne déploie pas seulement ses troupes sur le champ de bataille. Il entend le leur faire « occuper » entièrement. Il ne laissera de place qu’aux accompagnateurs consentants, bouffons et fous du Roi. Les autres, adversaires vaincus d’avance, vont aller à une humiliation déjà actée du fait même qu’ils se prêtent aux semblants d’une « course à la présidence » alors qu’ils n’ignorent pas que les couronnes du roitelet et de son héritier sont déjà dans les fonderies.

D’aucuns convoquent la présidentielle de 2004 comme s’il fallait y puiser on ne sait quels espoirs ? Justement, s’il fallait revenir à cet épisode, ce ne serait que pour relever cette caractéristique essentielle du « plan 2014 » : être en tout point une parade à un possible remake du scénario « 2004 » qui, semble-t-il, à son époque, a profondément divisé le système !

De retour de Paris, Bouteflika a donné la mesure du changement qu’il a imprimé au rapport des forces dans le pays. Aujourd’hui, lui et ses soutiens compradors ne briguent pas « la présidence », ils l’ont et ils la gardent. Ils visent « plus » et « plus haut ». Ils entendent consolider durablement leur pouvoir et se débarrasser des oripeaux d’une république qu’ils ont mise à mort.

Sans se laisser séduire par les « institutions », l’autocratie des riches et des parvenus travaille à survivre à « ses hommes ».

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