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Publié par Ahmed Meliani

Cet article est reposté depuis Meliani.

J’écris et je pense à Ghardaïa !

Il n’y a d’identité (s) qu’identité(s) historique (s) ; une identité forgée par des processus historiques complexes, parfois ou souvent contradictoires, qui tissent des liens entre une communauté ou même de plusieurs communautés et qui s’identifient à un passé commun, des intérêts communs, bien compris, comme le dirait Mostefa Lacheref, auteur de ‘L’Algérie, nation et société’ : cette/ces communauté (s) ont un intérêt à vivre ensemble et s’ouvrent à un même avenir, au-delà de leurs différences et de leurs particularités locales. Bachir Hadj Ali aurait mieux dit sur la situation que traverse l’Algérie, dans sa « Mémoire clairière » (recueil de poésie) : « Passé et futur dans un présent contradictoire ». J’appelle de tous mes vœux que le futur soit inscrit dans la situation actuelle et ses contradictions, trop explosive à mon goût !

C’est ce processus historique qui, en principe, devrait fonder le passage d’une conscience pré-moderne, où le sentiment d’appartenance de l’individu s’exprime envers sa famille, sa tribu ou sa région, vers une conscience moderne où se développerait le sentiment d’appartenance à une même nation, sentiment aussi d’appartenance à une même communauté d’intérêts.

N’oubliez pas, je pense et j’écris aussi pour Ghardaïa !

Ce sentiment d’appartenance à une même communauté d’intérêts a été représenté très largement par le processus de genèse, de gestation et de cristallisation du Mouvement National et le Mouvement de Libération National Moderne, jusqu’à sa radicalisation contre l’occupant colonialiste qui a débouché sur la guerre de libération nationale.

La force de ce Mouvement national contenait les germes de sa propre négation, pour la simple raison qu’il s’est cristallisé contre l’autre, contre le colonialisme français et, il avait besoin du jacobinisme de la Révolution française, ‘une nation, c’est un peuple, un territoire, une langue’. Ce qui était un moyen de recouvrement de l’indépendance, une fois l’objectif atteint et il n’est pas des moindres, ce moyen articulé aux luttes pour le pouvoir, depuis (L’Eté de tous les Dangers, été 62, bien sûr) s’est transformé en moyen d’exclusif pour les identités plurielles, qui ne sont pas forcément ethniques. Entre temps sont passés par là, « Où va l’Algérie ? » du feu Mohamed Boudiaf qui pensait que le FLN a réalisé l’essentiel et qu’il était temps de passer à autre chose, il a constitué le PRS, lui qui était un des fondateurs du FLN en 1954 (membre des 22 et des 5+1), l’insurrection d’Aït Ahmed avec Ouamrane et la constitution du PRS, l’attaque perpétrée par le Maroc de Hassan II contre l’Algérie en 1963, revendiquant une partie des terres algériennes ; notons au passage que si le tracé des frontières sud de l’Algérie a été hérité de la période coloniale, les frontières est-ouest ont été héritées de la période turque, …

Le parcours historique de l’Algérie, même après la crise dite berbériste de 1949 au sein du MTLD, et qui n’en n’était aussi berbériste qu’on pense ou comme on nous l’avait présentée, elle était avant tout une crise du mouvement national dans se fondements démocratiques. Je pense que les écrits de Sadek Hadjeress sur la question sont significatifs et d’une extrême importance, il était un des jeunes protagonistes  d’antan qui posaient la question du fonctionnement démocratique du MTLD qui préfigurait la crise qui allait secouer cette aile indépendantiste du mouvement national  et allait déterminer un certain nombre de jeunes du militants à opter pour le Parti Communiste Algérien entre autre Sadek Hadjerss et Abdelhamid Benzine Le jour où  Messali El Hadj s’adressait à Abdelhamid d’un air paternel : « Khadmouk el couministe, خدموك الكومينيست). Abdelhamid Benzine s’interrogeait alors sur la question sociale comme partie intégrante de la question nationale. La réponse de Messali avait convaincu Benzine de rejoindre le PCA. N’avait-il pas raison ? Qu’est l’indépendance politique sans l’indépendance économique et celle de l’homme et de la nature ? Revenez aux écrits de Benzine, et de ses essais et témoignages : « Lambèse », « La plaine et la Montagne », « Journal de marche », (merci Benzine d’avoir dédicacé tes principales œuvres à ma famille !). Aziz, mon fils, un de ses livres, Benzine, te l’avait été dédicacé, ce jour-là, il passait la nuit chez nous, une nuit où le PAGS était en clandestinité.

 

Vous avez un doute que je ne parle pas de Ghardaïa ? Ayez de la patience pour voir.

Le cours des événements, les limites du Mouvement National, le arrivistes du 19 mars, ont en décidé autrement. Les jeux et les luttes de pouvoir et pour le pouvoir, ont fini par donner une connotation idéologique, religieuse, ethnique, nationaliste, culturaliste ou sexiste à l’identité algérienne par opposition à une identité historique. On avait troqué une Algérie réelle, historique, riche de sa diversité, de ses parcours et de ses luttes millénaires pour une Algérie libre de toute occupation et de toute servitude à une Algérie amputée, appauvrie, asséchée et réduite à un arabo-islamisme idéologique momifiant, paralysant et incapable de créer cette synergie, combien vitale, entre les individus d’une même communauté pour édifier l’Algérie de demain.

On sait ensuite ce que ces idéologies mutilantes et appauvrissantes ont fait comme dégâts profonds dans l’âme et la conscience des Algériens ; combien d’individus sont capables d’émettre des phrases ‘excusez-moi, d’utiliser le terme de phrase au lieu d’idée) qu’ils renient toute de suite après ou qu’ils n’arrivent même à comprendre ou expliquer ? C’est la mode chez nos personnalités dites politiques. Combien d’individus sont capables de justifier l’injustifiable, justifier la banalité de la violence, la banalité du vol et de la rapine, de justifier la corruption, de justifier l’injustice et la hogra… je ne peux pas continuer, la liste est longue ? Je n’ai rien oublié, ni de la décennie noire, n’est du Printemps berbère, ni des « événements de Tkout », ni ceux d’El Harrouch ou ceux de Bechar, ni, aujourd’hui, ceux de Ghardaïa, sommes-nous toujours dans l’éternel recommencement et la langue de bois qui nous pétrifie toujours ?

 

Je parle toujours de Ghardaïa !

D’ailleurs, ce qui m’avait rendu fier, tout jeune, entre autre, de mon algérianité, c’est d’avoir rencontré dans mes lectures de jeunesse, que la signification  (malheureuse pour les uns, heureuse pour les autres, en tout cas heureuse pour moi) du mot berbère ou Amazigh voulait dire ‘Homme libre’. Même si, aujourd’hui, je ris avec Fellag sur sa métaphore « on a fait sortir tous les occupants, les Arabes par contre, nous l’ont fait parce qu’ils nous ressemblaient, mais une fois tous les occupants sortis, on commençait à s’ennuyer et… une nouvelle tragédie commença : La Décennie « Blanche » pour les amnésiques.

Ceux qui avaient la responsabilité de la mise en œuvre d’une identité à connotation idéologique et exclusive (que ce soit dans le Mouvement de Libération Nationale , ou au lendemain de l’indépendance, particulièrement, et pour des raisons de luttes pour le pouvoir surtout), avaient non seulement appuyé sur la gâchette contre l’Algérie historique, l’Algérie réelle et non fictive, et ils avaient aussi la responsabilité de l’émergence dévastatrice de zombies capables d’appuyer sur la gâchette parce qu’il peut pas sentir ta différence, ton train de vie qui n’est pas le sien ; il ne peut accepter que tu parles et vis différemment et il te fait payer ça !

N’a-t-on pas vu des gens tomber sous les balles assassines du terrorisme intégriste, pour ce qu’ils sont, parce qu’ils étaient, à titre d'exemple, gynécologues ou femmes, et que certains illuminés avaient décrété cette différence illicite (haram). Il est illicite qu’un homme soigne une femme!

 

Mon propos, ici, est de parler de Ghardaïa !

Je suis tenté d’interroger quelques page de l’histoire qui nous marqué et ont influé notre de pensée.

 

Je suis triste, Ibn Sina (Avicène), face à la régression succédant à ta grandeur d’âme ainsi que d’autres figures de cette civilisation dite arabo-musulmane. Ton amour pour la vie et ta passion, non seulement pour la médecine, mais aussi pour d’autres disciplines, qui te poussaient à prescrire, entre autre, la musique comme moyen de thérapie (même si j’ai un petit réconfort avec l’école psychiatrique de Blida de Frantz Fanon qui faisait appel à des chanteurs algériens des années 40, comme moyen de thérapie pour soigner les malades). Tu avais fait la première trachée pour permettre à quelqu’un de respirer par la gorge, tu as essayé d’inhumer des cadavres pour mieux connaître le corps humain et le soigner, ta récompense a été la chasse aux sorcières ! La majeure partie de ta vie, tu la passais à fuir la bêtise humaine et la chasse aux sorcières.

Je suis redevable à ton disciple qui, sans lui, je n’aurais pas pu connaître les détails de ton riche parcours, El Djozzani (الجززاني) qui avait écrit ta biographie et qui a été ton compagnon pendant quarante ans ; Il avait su restituer ta grandeur et ta rigueur scientifique. Comme je suis redevable à une amie qui m’avait prêté le livre sans qui, je n’aurais pas connu ton parcours riche. Je l’ai lu avidement. Malheureusement je n’arrive plus à le retrouver ; je le conseille à tous ceux qui veulent aller à la recherche de la vérité.

 

Détrompez-vous lecteurs ! Paradoxalement, je parle toujours de Ghardaïa !

Toi, Ibn Rochd, Averroes,  tu as inspiré une grande école en Europe, qui a été l’une des bases de la renaissance européenne ; tu as donné à tes disciples européens, plus connus chez nous sous le nom de « El Rouchdia » (تيار الرشدية) les armes théoriques pour résister  à la chasse aux sorcières contre la pensée rationnelle, dirigé par Thomas D’Aquin. Ce dernier par contre, était inspiré par Abu Hamed El Ghazali, « qui n’a rien à voir avec sa piètre copie du XXè siècle ». Abou Hamed El Ghazali, malgré ses positions conservatrices et vindicatives contre la philosophie à travers son œuvre majeure, « L’incohérence des philosophes » (تهافت الفلاسفة), signifiant « l’incohérence des philosophes », reste, malgré tout, un penseur encyclopédique. Ta force d’Ibn Rochd (Averroes), était d’avoir écrit plus tard, une autre œuvre majeure comme réponse magistrale : (تهافت التهافت), signifiant « l’incohérence de l’incohérence », et  qui rétablissait la pensée philosophique dans ses droits et, du même coup, rétablissait surtout la pensée aristotélicienne qui avait servi de base à l’idjtihad dans la civilisation dite « arabo-musulmane » (la logique formelle).

 

Rappel : Je parle toujours des événements de Ghardaïa !

Averroès (Ibn Rochd), avait contribué, à sa manière, à jeter les bases de ce que deviendra l’Etat moderne, à l’échelle de l’histoire de l’Humanité. Enfin de compte, c’est la pensée d’ibn Rochd qui avait assuré le plus la continuité de la civilisation humaine, à travers la civilisation musulmane, et non celle d’Abou Hamed El Ghazali. L’un voulait normer la vie humaine, l’autre voulait la libérer et lui donner des ailes.

J’ai pris deux exemples de penseurs encyclopédistes de la civilisation dite « arabo-musulmane », l’un d’Asie centrale (Ibn Sina, Avicène), l’autre, (Ibn Rochd, Averroes), de l’occident musulman et qui avait vécu en Andalousie, dans une période trouble et de régression stérile, période où des fanatiques de la régression comme ceux d’aujourd’hui, non seulement à incendier les œuvres d’Averroès, mais passaient à l’acte. On aurait pu perdre tous les écrits d’Ibn Rochd sans l’aide de ses disciples ; ses disciples chrétiens ont pu échapper aux mailles des censeurs et des objecteurs de conscience et, pu acheminer une partie de se œuvres dans les différents coins de l’Europe, et ses disciples musulmans ont pu acheminer une autre partie vers la bibliothèque d’Égypte, gouvernée alors par des Ismaélites fondateurs de la dynastie des Fatimides.

 

Là aussi je parle de Ghardaïa et de la période qu’elle traverse !

Mais là, il en est question d’un autre génie, bien de chez nous, celui-là, il s’agit d’Ibn Khaldoun. Deux élites se le revendiquent, tunisienne et algérienne ; il semble qu’il était né en Tunisie et avait vécu une bonne partie de sa vie en Algérie où il avait rédigé sa Muqaddima dans une grotte à Tiaret (Tihert). Ce précurseur de la sociologie et de l’économie moderne, avait vécu une période trouble de luttes pour le pouvoir qui ont caractérisé l’occident musulman.

Une période trouble où les dynasties berbères se succédaient dans un éternel recommencement des conflits entre bédouins et sédentaires (الصراع بين البدو والحضر). Les bédouins reprochaient aux sédentaires des ville leur luxure, leurs plaisirs, leurs confort et les haïssaient dans le même élan … et la liste est longue. Ils haïssaient cette vie, mais la convoitaient en même temps, paradoxe relevé par un critique littéraire du XXe siècle dans le roman moderne algérien, la ville haïe, mais désirée et convoitée… Ca ne m’étonne pas de toute façon de voir que beaucoup de livres scolaires et de livres, tout court, d’apprentis sorciers, dans le monde dit arabo-musulman, mettre en avant une explication toute à fait absurde sur la chute de l’Andalousie : ‘l’Andalousie est tombée parce que les Andalous avaient opté pour une vie « dissolue »’, cette vie « dissolue » voulait dire au fait, la tendance au raffinement et à la perfection de la musique (les 24 noubas de la musique andalouse que Roland Raïs considère comme un des fondements de la modernité), aux chef-d’œuvre architecturaux, au goût pour les jardins et les fleurs. Ce type de raisonnement nous mènerait, purement et simplement, à renier les mêmes réalisations que apologistes d’une telle conception vantent pour mieux les annihiler, l’Alhambra, l’école de Cordoue, l’école de Grenade… On ne peut combattre ce qui a fait la grandeur de cette civilisation, et dans le même mouvement, invoquer ces mêmes symboles pour expliquer  cette grandeur !!! Ca ne peut venir que d’un esprit et d’un corps complètement malades !

La civilisation est une et indivisible, elle est le produit à la fois d’accumulations, de ruptures et de continuité ; elle est le fruit d’un concours de hasards et d’aléas, de la volonté d’hommes aussi différents que généreux (الاجواد انتاع علولة) ou cupides, de forces destructives et de forces constructives, mais aussi d’hommes résolument décidés à réaliser leurs objectifs mesquins au détriment de l’écrasante majorité de ce peuple.

Excusez mon pêché « mignon », j’ai prêché par manque de modestie sans le vouloir. Je parlais d’Ibn Khaldoun en voulant parler de Ghardaïa et des Mozabites, je veux réellement parler de mes concitoyens de Ghardaïa, de Beni yezguen, de Timimoune, mais aussi, tout court, de mes frères Mozabites, et ça me sort des tripes.

Mais pas avant de revenir à toi, Ibn Khaldoun, mille excuses pour cette familiarité ! Je n’aurais peut-être pas de réponses directement, tu n’es plus de ce monde et je vais incessamment te rejoindre,.Peux-tu me répondre, pourquoi la dynastie des Rustumides a péri ? Pourquoi leurs partisans et descendants ont été persécutés après, et pourquoi ils continuent de l’être, aujourd’hui ? Je te pose la question, parce qu’il me semble que tu as fouiné toi aussi dans ‘Le Mythe de Sisyphe ou l’éternel recommencement’, à moins que je me trompe. Il me semble que chez toi, ce mythe se confond avec l’éternel recommencement de la lutte entre bédouins et sédentaires qui fait et refait les dynasties sans possibilités de dépassements. Nous sommes au XXIè siècle, et je voudrais bien interroger ta pensée pour comprendre où sont les permanences et où sont les ruptures dans l’Algérie d’aujourd’hui ? Les relents tribaux et régionaux persistent, ils ont la peau dure. Ils se conjuguent aujourd’hui avec les relents des barons de rentes multiples et variées, rente pétrolière, rente historique, rente identitaire et culturaliste, rente de situation (avoir un poste, rien que pour les avantages qu’il nous procure), démultipliés par des luttes de clans aux pouvoir. Ce n’est pas facile, Ibn Khaldoun, il semble que la situation a empiré depuis l’époque où tu as vécu, avec les interférences internationales, les indigences locales, et la mode du temps : l’allégeance (dépravante de la condition humaine) à une personne ou à une autre.

Je m’adresse à toi, parce que tu as compris bien avant les autres, et à l’échelle universelle, que ce qui fait ‘El Moulk’ c’est-à-dire, ce qui fonde le pouvoir et ce n’est pas ‘ed daâwa (la prédilection), elle n’est là que pour donner légitimité aux véritables desseins de prise de pouvoir (nous en savons quelque chose avec notre « décennie blanche » pour les amnésiques, bien sûr. Tu nous as appris que les comportements des hommes sont déterminés par les moyens qui leur permettent de gagner leur vie (وسائل كسب الحياة تُحدد سلوكات الناس), c’est l’une des raisons qui a fait de toi l’un des précurseurs de la sociologie et de l’économie modernes, mais aussi celui qui voulait déduire des lois qui fondent l’Histoire. Tu as essayé de déduire des lois qui donnent un sens à l’histoire, la civilisation, la ‘conscience humaine’, en interrogeant l’esprit, la raison, les sociétés et les dynasties qui t’étaient contemporains et celles qui t’ont précédé. Qui peut oser te reprocher, aujourd’hui, tes omissions et tes oublis, à partir de ta grotte à Tihert et dans les conditions qui étaient les tiennes, même s’ils peuvent se revendiquer d’El Mouradia ou de quelques cercles décideurs qu’ils soient, ou de quelque ‘lièvre qui claque des oreilles’ qui soit, et qui va aux présidentielles d’avril?

Ghardaïa, une des fines fleurs de l’Algérie, je ne t’ai pas mentie lorsque j’ai dit que je ne parlais que de toi dans cet écrit. Je reviens à mes vieux démons, Jean Senac disait en parlant des combattants de la guerre de libération nationale : « La vie traquée invente une nouvelle vie », tu t’en souviens, Zazi !!!, je dis aujourd’hui, Ghardaïa, traquée, invente une nouvelle vie ! Mais avant la nouvelle, il y avait une ancienne !

 

Il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est Dieu.

Aux premiers schismes de l’Islam, la sincérité candide s’opposait à la ruse comme moyen de s’accaparer du pouvoir. Dans la bataille qui avait opposé les partisans de Mouâaouiya aux partisans de Ali ibn Abi Taleb, neveu du Prophète et quatrième Khalife, Mouâaouiya a eu recours à la ruse (la ruse continue de nos jours), sentant qu’il allait perdre, Mouâwiya avait ordonné à ses troupes de porter le livre du Coran sur les sabres ; Ali ibn abi taleb, très rigoriste, ne pouvait et ne voulait attaquer des troupes branlant le livre du Coran sur leurs épées ! De cet événement est né un « schisme au sein des musulmans », les partisans d’Ali Ibn Abi Taleb se divisent en deux, ceux qui  se conformés à l’attitide du Khalife de ne pas attaquer, et ceux qui se sont qui se sont rebellés contre cette attitude. Les premiers donneront naissance aux Chîites, les seconds aux Kharédjites, l’Ibadisme en est un des ses courants. Il avait élu refuge en Algérie et a fondé la dynastie des Rustumides. Connus à travers l’histoire, pour leur rigueur, leur sens de justice et leur refus de l’iniquité et du despotisme. Cependant, après la chute de leur dynastie, ils ont fait l’objet d’une chasse aux sorcières. Ils ont pris refuge dans une région du Sud Algérien hostile par la rudesse de ses conditions naturelles, climatiques et la rareté des moyens de subsistance, même si elle offre un site défensif, la vallée du M’zab. Ils ont réussi à en faire une véritable oasis mais aussi, une oasis de paix, et ont offert à l’Algérie un des bijoux du patrimoine universel, le système de Foggara, un système d’irrigation ingénieux dans sa technique comme dans son esprit de justice (classé par l’UNESCO, comme faisant partie du patrimoine universel), un système de seguias souterraines qui, non seulement évite les déperditions par évaporation, dans une région très chaude, mais permet en plus une répartition équitable entre exploitants. Les Mozabites, ont permis ensuite à l’Algérie de bénéficier de l’un des systèmes architecturaux des plus sobres et des plus beaux refusant tout ce qui est ostentatoire. Du dehors, tous les immeubles se ressemblent ! Pas de signes qui trahissent le riche et le pauvre. Tout le monde sait que les Mozabites ont un sens élevé de solidarité communautaire à travers une forme qu’on peut assimiler à la Twiza, forme de solidarité amazigh, consistant à aider un individu de la communauté à construire sa maison ou à monter son projet. Les Mozabites font tout pour rassembler les fonds nécessaires pour un membre de la communauté, pour qu’il monte son commerce au nord algérien, sachant qu’il est condamné à réussir. C’est une histoire qui dure depuis des siècles au sein d’une population pacifique et pacifiste, conservatrice certes, mais jamais belliqueuse et agressive.

Le rally Paris-Dakkar préférait passer par l’axe Ghardaïa-Timimoun, parce que la population de cette région n’est pas voyeuse malgré son conservatisme. Le tourisme et le commerce permettaient à la population de cette région de vivre, le terrorisme intégriste l’a privée de cet atout, comme il a privé son substitut, le passage par le Maroc, après l’extension du terrorisme à ce dernier. Le Paris-Dakar est devenu Paris-Argentine ! Ne croyez surtout pas que je suis entrain d’absoudre, ici, le rôle négatif de forces étrangères très lourd de conséquences ; mais je suis tenté de dire que c’est de bonne guerre, lorsque des forces agissantes et influentes de notre pays, aveuglées par leurs intérêts étroits et mesquins, ne savent pas où sont les intérêts suprêmes de la nation et ne savent même pas négocier un marché dans des conditions avantageuses pour l’Algérie, ni suivre les conditions de sa réalisation.

Chez nous, on dit : « Le mal est en nous et la bonté est en nous », (الشر فينا والخير فينا), comment veut-on que les autres nous font du bien, si nous on se fait du mal ?

Voilà pourquoi j’exprime ma révolte, mon indignation et ma colère… contre ce qui s’est fait à Ghardaïa. Il n’y a pas que des affrontements intercommunautaires, il y a une volonté de chantage qui dépasse ce seul cadre. Si comme si on nous disait: "laissez-nous le pouvoir ou laissez-nous prendre le pouvoir (c’est selon) ou nous mettons le pays à feu et à sang". Voilà pourquoi les Mozabites deviennent une question secondaire dans ces calculs, comme on été secondaires beaucoup de questions fondamentales. N’y a-t-il pas de forces capables de dire non à cette logique, face à des forces qui veulent que Ghardaïa soit un des détonateurs d’implosion de l’Algérie ?

(Remarque : je prends le risque de publier cette contribution avec ses imperfections, moi qui est perfectionniste, même si j’y reviendrais pour apporter des rectificatifs).

Un reportage qui met en relief la diversité dans notre pays. Derwiche dit poétiquemen bien sûr: "La ressemblence est pour les sables", mêm si on sait que même les sables diffèrent entre eux par leur granulométrie et leurs couleurs. "إن التشابه للرمال"

حوض ميزاب وشمال التلول

رمال الذهب وخضورة السهول

تمرة غرداية وفاكية التلول

أشكون يحمي البذرة والسبول

 

أنتي تقولي وأنا نقول

أشكون يحمي البذرة والسبول

أشكون يحمي حارتنا ما الهول

أشكون يزهي المدينة بالطبول

 

ياك النبته الصحيحه تخلف

وأنتي تقولي وأنا نقول

والكلمة الصادقه تنسف

وذلهم وهبالهم يزول

شجرتهم يابسه وتجف

وحلمنا يكبر نخله فالطول

ملياني أحمد

 

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