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Publié par mohand

Non à la 4ième régence !

Le rejet de la reconduction d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’État ne suffit pas pour définir une position politique à l’égard de l’échéance du 17 avril 2014. Ce mot d’ordre s’il n’est adossé à une approche globale peut se révéler extrêmement dangereux.

Relevons d’abord que ce rejet du 4e mandat trouve des partisans dans les rangs des républicains, dans ceux des clients de l’oligarchie bureaucratique, comme dans ceux du projet théocratique. Les premiers s’y opposent dans une optique républicaine et démocratique ; les seconds dans celle du "changement dans la continuité" ; alors que les derniers nourrissent la confusion à dessein, d’abord pour masquer leurs convergences avec des pans du système, ensuite et surtout pour lester l’alternative républicaine et démocratique.   

La programmation d’un 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika assène une énième, mais ultime, preuve de l’inexistence de la république en Algérie. Le régime en place, issu d’un coup de force militaro-bureaucratique contre la Soummam, perdure depuis 1957. Il est désormais dépouillé de toute apparence républicaine. Né de la liquidation du moment fondateur de l’État algérien, ce régime s’est tourné contre les institutions légitimes forgées dans le combat. Il a liquidé le GPRA, anéantit le CNRA et les wilayates. Pouvoir d’une caste militaro-bureaucratique il s’est opposé à l’organisation et à l’expression de la souveraineté du peuple Algérien. Il a investi à son propre bénéfice les structures de l’État colonial, humiliant la constituante algérienne, interdisant toute autonomisation de forces politiques et caporalisant les organisations de la société civile...

 

D’extraction essentiellement plébéienne, ce pouvoir a mobilisé un discours « socialisant » au service d’une conception despotique de l’État avant de virer vers les théories néolibérales, tout cela sans jamais se défaire de son despotisme. L’État est sa chose. Il en dispose à sa guise.

 

La caste militaro-bureaucratique au pouvoir depuis 1957 a confisqué la souveraineté populaire et n’est pas prête à se défaire de cette mainmise.

 

Cette spoliation fait l’affaire des partisans d’une autre forme d’État despotique : L’État théocratique. Les partisans de ce projet voient que l’actuelle forme de gouvernance prépare le terrain à la leur propre. Si la caste militaro-bureaucratique est dans la confiscation de la souveraineté populaire, la mouvance théocratique qui naturellement se cristallise en clergé est, pour sa part, dans sa négation. Cette mouvance se construit par la mobilisation du sacré face, et au détriment, du profane. Elle se légitime par sa propre lecture du sacré en validant la confusion entre le temporel et le spirituel.

En vérité, la mouvance théocratique n’a de but que de récupérer les structures autoritaires actuelles à son propre profit et de les faire évoluer vers des formes encore plus despotiques. Dans son optique il n’y d’autre souveraineté que celle du sacré. Cette conception divise la planète en deux espaces celui de "la soumission" et celui du "djihad". La souveraineté y est divine « sans partage » - donc totalitaire -, portée et interprétée par le collège des érudits et des puissants. Ce clergé use du tekfir pour disqualifier la souveraineté populaire et interdire toute citoyenneté. S’il atténue quelquefois son opposition à la République et à la Démocratie ce n’est que pour mieux les lester et les miner par la grâce d'une takiya bien pensée.

Ainsi, l’idéal républicain fondement de notre mouvement de libération nationale reste entièrement à construire. Tout comme le triomphe des libertés démocratiques reste à conquérir.

Il faut, sans la moindre hésitation, s’élever contre cette humiliante intronisation de Bouteflika pour une nouvelle période de régence. Le faire avec force. Mais, il faut veiller à ne se retrouver dans l’escarcelle d’aucun candidat du "changement dans la continuité" ou à alimenter des discours négateurs de la république et de la démocratie.

Le premier fondement républicain reste celui de la souveraineté populaire, conquête historique face aux despotismes monarchiques et aux théocratiques. Cette souveraineté ne peut être ni confisquée, ni niée. Sans elle il n’y a ni république ni démocratie. C’est ce combat qui est à l’ordre du jour face à une oligarchie qui patrimonialise l’État et confisque les libertés. Il est clair qu’il ne peut être mené avec ceux qui combattent l’essence même du régime républicain et système démocratique.

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echo44 27/02/2014 16:12

pourquoi ne pas aller au fond de l'investigation de l'histoire? pour dire que nous étions dans l'incapacité de mener le combat à son ultime destinée : libérer le pays et le peuple.nos héros morts en martyres ont accompli une avancée extraordinaire...est ce à exiger d'eux de faire toute l'histoire...il faut continuer le combat qui a été bloqué par la dictature et les différents groupes d’intérêts importés du moyen-orient.....et déclarer que tout ceci n'ayant pas été possible sans la main-mise des intérêts Français qui nous gèrent depuis Matignon et ceci depuis 1962!!!