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Publié par mohand

Bouteflika : Du viol de la constitution à celui de la Nation

Non seulement Bouteflika va s’introniser pour une quatrième période de régence ; mais, il annonce dès à présent sa décision d’user du pouvoir constituant aux lendemains des simulacres d’élections. Le fait irait-il de lui-même dès lors qu’il est enrobé de promesses de démocratisation ? Nous savons tous que le chemin des enfers est pavé de belles professions de foi.

Il faut poser la question de la légitimité de ce pouvoir à user du pouvoir constituant. Un pouvoir dont la tradition est de faire mauvais sort au texte fondamental à chaque fois que ses équilibres internes l’exigent.

En 1956, la révolution algérienne s'était dotée d'instances nationales légales. Des structures politico-militaires représentatives des régions du pays, les wilayates ; des structures nationales habilitées à diriger notre peuple, le Conseil National de la Révolution Algérienne qui dotera par la suite l’Algérie d’un Gouvernement Provisoire,… Les disparitions de Abane et Ben M'Hidi, deux personnalités centrales de notre révolution,  vont ouvrir la voie à la liquidation de cette légalité. Une liquidation par à coups qui aboutit au coup de force de l’été 1962 contre le CNRA et dans son sillage à l’humiliation de l’Assemblée Nationale Constituante. C'est dans ce moment là que se trouvent l'illégalité et l’illégitimité du pouvoir actuel.

Aujourd'hui que, dans la société, murît la question de la rupture avec ce système d'une caste militaro-bureaucratique qui a investi l'appareil colonial, en 1962, pour s’assurer un contrôle totale sur la société, l’impératif est d’assoir cette démarche sur un socle légale nationale qui ai toute sa légitimité.

Certains vous dirons nous allons créer une autre légalité. Faire chuter le régime ! Que toutes les options restent possibles. Ceux-là sont en grande partie des supporters de la liquidation de la Soummam - islamistes, arabistes,... -. Des courants farouchement opposés au contenu National-Démocratique de ces assises historiques. Ils vont tout faire pour nous détourner de notre profondeur historique et à défaut, ils vont s’employer à la pervertir.

Les algériens d’aujourd’hui ne sont pas une génération spontanée. Ils ont une profondeur historique largement synthétisée par le congrès national du 20 Aout 1956. La convocation d'une constituante pour assoir des institutions nationales pérennes, démocratiques et modernes, s’impose comme une évidence. Si cette constituante doit opérer la rupture avec le système despotique, rentier et bureaucratique qui  menace le pays dans son existence, il est inenvisageable que cette constituante soit un reniement de notre trajectoire de libération nationale. C’est en ce sens que sa légitimité doit aussi découler de son adossement à la légalité fondée par le Congrès National de la Soummam.

Il en découle que tout Algérien patriote ne peut que dénier à Bouteflika et à sa cour leurs prétentions à se poser en pouvoir constituant. La constitution qu'imposera Bouteflika ne saurait avoir un autre statut que celui de la constitution du Majistic... Il faut être naïf pour attendre l’instauration de la seconde république de Bouteflika.

Après le viol de la constitution, il s’apprête au viol de la Nation !! Il a à son service les assemblées factices pour contrecarrer l’exigence transitionnelle qui doit être couronnée par  la convocation d’une véritable constituante. Mais, nous avons pour nous la prise de conscience de secteurs de plus en plus large de la société. Nous vaincrons. Nous instituerons une seconde République Démocratique Sociale et Moderne.

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