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Publié par mohand

Régence de schiste et de lanthanides.

Mon propos n’est pas de faire valoir une quelconque « légitimité » pour « antériorité dans la prise de position ». Elle n’est pas aussi de dire « mieux vaut tard que jamais ». Je veux juste dire mon interrogation sur la portée de certaines prises de position.

L’interview de Sid Ahmed Ghozali, d’abord, elle n’apporte pas vraiment de clarifications. Au moment de la discussion de la loi sur les hydrocarbures (LHC) il avait trouvé inopportun de se prêter aux questions d’un interviewer un peu plus citoyen que journaliste. Là il s’exprime par allusions et sous-entendus. Le choix contraste, à mon avis, avec la gravité du sujet.

Le positionnement d’El Watan … Week-End, est plus franc. Le papier de l’un de ses rédacteurs en chef est d’une tonalité qui est une rupture dans l’approche de cette question. Le papier de Fayçal Metaoui, tranche avec la position qui a dominé jusque-là au sein de la rédaction du journal. Les voix discordantes, au moment de l’élaboration du nouveau cadre juridique, n’avaient trouvé à s’exprimer que dans les colonnes du soir d’Algérie, du matindz.net, sur le plateau de berbère télévision, et de l’émission économique de Radio Alger internationale.

Maghreb émergeant et RadioM, a fini par recevoir des voix dissonantes sur le dossier, notamment le professeur Khelif Amor, économiste à l’université d’Alger. Peu à peu, le front s’élargit. Seulement, Bouteflika et ses sponsors ont quelques longueurs d’avance.

Les termes du communiqué de la réunion gouvernementale participent toujours de la diversion. D’abord, à supposer que l’exploitation des gaz et pétroles de schistes puisse être soumise à « des garanties » et « des précautions », la pollution du Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS) ne pourra pas être évitée. Tout le problème est là.

De quelle richesse faut-il parler ? Des milliards de dollars américains thésaurisés à la faveur du soutirage effréné de nos ressources conventionnelles ? Des colossales réserves non conventionnelles que nous prêtent ceux qui piaffent de nous vendre le moindre boulon et la moindre goutte de poison qui rentre dans le procédé de fracturation hydrochimique ? Quelles qu’elles soient, ces richesses restent éphémères au regard des volumes hydriques engrangés par le SASS. Le plus grand barrage d’Algérie (Beni Haroun) a été testé à un milliard de m3, le SASS correspond à 31 000 Béni Haroun ! De quel ordre sont nos réserves de change ? Quelques années budgétaires ? Et les réserves d’hydrocarbures, conventionnelles ou pas ? Quelques décennies ? 31 000 Béni Haroun, quels sont les pays à avoir cette richesse sous leurs pieds ?

La question n’est donc pas d’ordre écologique, financier ou simplement énergétique. Elle est, comment dire ? Hyper-stratégique. Qui a arbitré au détriment de la préservation du SASS ?

En parlant de 31 000, c’est bien sûr une image, une simple illustration. Cette ressource hydrique est un atout immédiat. En Arabie Saoudite, en Libye, des eaux fossiles ont déjà servi à fertiliser des terres sahariennes. Les résultats se sont avérés éphémères. Seulement, dans le cas de l’Algérie, ces eaux peuvent servir à fertiliser les terres des hauts plateaux, qui ne sont pas des terres désertiques. Il faut juste de simples canalisations pour transporter cette eau, même s’il faudra la traiter. Elle pourrait aussi soutenir l’implantation de villes technologiques au sud du pays. Le développement des énergies renouvelables induira l’implantation et le développement de nouveaux centres urbains au Sahara, et il faudra de l’eau.

L’hyperpuissance états-unienne cherche à mieux connaître les richesses de notre sous-sol. Rappelez-vous les rêves de vacances sahariennes de Mr Kerry. Bien sûr, le but est bien autre. Il concerne la problématique des terres rares. La France, réhabilitée dans son rôle de gendarme néocolonial, a des objectifs quelque peu triviaux. Si ses entreprises qui ambitionnent l’exploitation des gaz de schistes arrivaient à se faire les dents en Algérie….

On voit donc qu’il y a du gaz dans la quatrième régence. Il est même de schiste. Tout cela débouchera peut-être sur des issues « lanthanidiennes » (terres rares : lanthanides). Qui n’avait cessé de parler de main de l’étranger ?

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