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Publié par mohand

C’est une année marquante qui se termine. Une année qui a vu des mobilisations  d’une exceptionnelle importance en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Ces mouvements de masses se sont répondus telle l’onde de choc d’un séisme dont Sidi Bouzid aura été l’épicentre. A la similitude entres les révoltes du printemps 2011, a succédé la diversité des transitions qui en sont issues. Car, à l’exception notable de la Syrie, il y a lieu de distinguer entre les mouvements populaires de contestation des régimes en place et les transitions amorcées par l’ébranlement de ces mêmes régimes.


Le principal trait de similitude entre les soulèvements a été leur spontanéité. Spontanéité qui a été à la fois leur force, et leur faiblesse. Force en ce qu’elle leurs a permis d’exprimer des exigences radicales de changements. Chose que les forces organisées, préoccupées par leurs propres préservations, se sont révélées incapables d’oser. Mais, aussi, faiblesse en ce que, comme limite organisationnelle, elle les condamne  à être dessaisie des acquis de leurs déploiements.

 
Bien que les différentes transitions ne soient qu’à leurs débuts, il est possible de relever les formes et les bénéficiaires de ces dessaisissements. Dans tous les cas, ils traduisent des rapports de forces décalés par rapports à ceux exprimés par le « printemps 2011 ». Ils sont, à un  niveau ou à un autre, des compromis entre des pans des systèmes ébranlés et des oppositions qui ont été à la traine des soulèvements populaires.


L’Algérie est installée depuis longtemps dans cette logique. Une situation où le rapport de force sur lequel est assis le système de pouvoir est à l’inverse du rapport de force au sein de la société. C’est ce décalage que vise à préserver la stratégie de contenment du peuple. Une stratégie qui mobilise l’argent public comme moyen massif de corruption, travaille au renforcement  des bases « légales » de son autoritarisme et multiplie les leurres et les  diversions pour assécher le débat public. Son propre est la frénésie des promesses et l’aversion des bilans. « Pour des lendemains meilleurs ! », comme le disait la promesse du début des années 80.


Après 50 ans d’indépendance, dont 23 de « transition démocratique » rien n’est encore acquis ! Au grès des passes d’armes le formalisme démocratique s’érode et s’effrite. Nous apprenons par-ci que la révision de l’article 76 de la constitution viole l’ordre républicain  – Wacini Laaradj parle de Joumloukiya ¬-, ou que la représentation nationale « a été » ou « est issue » d’élection à la  Negelan !!  Mais n’empêche, on nous promet des lendemains plus démocratiques. Et l’on dépêche des ministres en Europe en quête de certification de ces intentions. L’occasion pour nous d’apprendre l’imminence d’une nouvelle révision du texte fondamental.  


 Au détour d’un « écart de discours »,  quelques bribes d’un débat dont nous sommes exclus nous renseigne sur ce qui se trame (tramait ?), «  les petits partis » participeraient (ou ne participeraient pas) du « renforcement » de la démocratie ! Quid de la liberté de la presse, du renforcement des droits de la défense, de l’indépendance des magistrats, de l’autonomie de la société civile, de la réforme de l’Etat, d’un plan d’urgence pour les institutions éducatives, de la refondation d’un système de formation professionnelle, de la stratégie d’exploitation de nos hydrocarbures, de la gestion des finances publiques et des placements des avoirs en devises, d’un plan de sauvetage de notre système de santé…  


Vingt ans après les  législatives de Sid Ahmed Ghezali, le débat, est encore une fois, orientée sur le contrôle de « la propreté » et « l’honnêteté »  des prochaines joutes électorales. La justice y est promise au lavage de ses pêchés de poltronnerie devant le terrorisme, et de servilité dont elle a fait montre, avec zèle, dans la mise au cachot de milliers de cadres gestionnaires, ou de la mise au pas d’une presse un peu rebelle.


Il est intéressant de s’arrêter sur cette notion de « petits partis », des partis néantisés par les armadas de policiers ou par les déluges d’argent public dans les circuits occultes de la fraude fiscale ou des trafics de visas. A contrario, il serait, tout aussi intéressant, de s’interroger  sur « la grandeur » et « la force » des partis qui vampirise l’Etat et se soumettent ses institutions.  Ceux qui s’approprient les symboles la mémoire commune des algériens, qu’elle soit historique ou spirituelle. Il est facile d’être grand par la dilapidation des biens publics.


En vérité il ne sert à rien d’épiloguer sur les prétentions de ce système.  Il est empêtré dans son propre piège. Des élections transparentes le condamneraient, tant elles mitraient à nu l’étroitesse de sa base sociale, donc la démesure de son illégitimité.  C’est cela qui fait que la fraude et les quotas sont des éléments de son identité. Il ne peut s’en départir.


L’exception Syrienne qui tient en la  jonction dans le combat de forces organisées porteuses d’une conscience aigüe des enjeux avec une puissante déferlante populaire de contestation du régime despotique en place, nous montre la voie. Celle du rassemblement des forces du changement démocratique radical, avons-nous la volonté de nous en inspirer ?

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