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Publié par mohand

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/04/03/61677a8e-7d78-11e1-8ff4-0997dd048f6d-493x328.jpg

 

Il est non seulement erroné, mais surtout dangereux, de considérer Ançar Eddine comme une formation  Touarègue, de leur reconnaître une légitimité, qu’ils usurpent  dans la communauté grâce à la manne financière qu’ils tirent du narcotrafic et de la générosité de la tutelle Qatari. Cette pseudo-lucidité qui veut tenir le Mnla et les Ançar comme les représentants des Touarègues cache mal le refus obstiné de considérer la crise du Nord-Mali dans son cheminement historique.

 

Les Ançar, à proprement dire, se réduisent à une poignée d’anciens chefs de guerre reconvertis aux trafics. Les pétro et narcodollars leur ont permis de recruter parmi les combattants locaux. Les hommes qu’ils ont enrôlés ne partagent ni leurs intérêts mafieux, ni leur couverture idéologique. Ce sont des hommes tenus par les besoins de subsistance immédiate de leurs familles. L’isolement dans lequel les Etats de la région tiennent le  Mnla favorisé la tactique des Ançar. Objectivement, les Etats de la région convergent avec le Qatar  pour promouvoir Iyad Ag Ghali et ses hommes. Celui-ci donne le change en se proclament contre la partition du Mali.

 

Le Mnla, ne se définit pas comme un mouvement Touarègue. Il pose sur la scène la nécessité d’une partition du Mali, comme solution définitive à l’instabilité chronique qui marque cette région depuis cinquante années. C’est une position qui est l’aboutissement des atermoiements et de la duplicité des autorités de Bamako dans le traitement des problèmes de l’Azawad. L’Etat malien, dominé par ses provinces du sud, n’a jamais tenu ses engagements au sujet de l’intégration des provinces du Nord. C’est dans la mégalomanie de Mouamar Kadhafi, ou la tolérance compréhensive des autorités algériennes que les populations de ces provinces ont souvent eu à trouver des réponses à leurs problèmes. L’attitude de Bamako a toujours été de signer des accords, de faire des promesses, seulement pour gagner du temps en attendant la révolte suivante. Ce mépris se doublait de répressions épisodiques, brutales et féroces. Ce sont tous ces éléments qui ont poussé à la radicalisation de la revendication des populations de l’Azawad.

 

Sauf à ce que l’ambition des Etats africains soit la fétichisation des frontières héritées de la colonisation, la revendication nationale Azawadienne, qui dans son expression s’appuie sur le droit des peuples à disposer d’eux même, doit trouver un autre traitement que la marginalisation et le mépris. Devant l’effondrement des institutions de l’Etat Malien, il est mal venu de lui opposer la pérennité d’une entité largement entamée par les évènements. A cet égard, il est significatif que l’intervention des forces militaires de la Cédéao dans le Nord Mali soit le seul consensus qui se dégage entre les autorités de Transition et les mutins de la junte du 22 Mars. Par ce consensus Bamako  reconnaît une extra-territorialité de fait de l’Azawad.

 

Si l’entité malienne devait survire à la l’actuelle crise, ce n’est certainement pas par la reconduction des anciens cadres et structures. Ce sera dans la définition d’un nouveau cadre intégrateur pour toutes les populations. Un cadre probablement fédéral, dans lequel la revendication nationale Azawadienne pourra, peut-être, rencontrer une dynamique de refondation des institutions dans les provinces du sud. Or, pour le moment, les « autorités de transitions », la haute hiérarchie de l’armée malienne, y sont les otages du coup d’Etat du 22 Mars, et les institutions y sont tenues sous tutelle.

 

Il faut rompre l’isolement du mnla, et lui apporter un soutien conséquent. Le paria dans la crise du Nord Mali, ce n’est pas lui. Loin d’être défait, il ne s’est retiré des villes pour épargner les vies des civils. Le paria, c’est le noyau narco-islamiste des Ançar, dont la seule force tient en sa puissance financière. Une puissance faite d’argent sale. Et dont l'idéologie agira comme un élément de fragmentation des communautés maliennes.

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