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Publié par mohand

http://www.lematin.ma/files/2012/04/Azawad-nulle-et-non-avenue.jpg

 

Le tapage qui entoure la situation au nord Mali entretient une totale confusion.

 

 

La France bat les tambours d’une guerre qu’elle ne fera pas. Tête de pont d’un interventionnisme militaire dont elle peine à définir un concept opérationnel qui serait recevable par les instances internationales.  

 

 

L’Algérie, chantre d’une solution politique sans perspectives. Elle leste obstinément sa démarche d’un dialogue insistant avec un ancien partenaire qui a tourné le dos aux siens et s’est définitivement converti au wahhabisme.  

 

 

Les États-Unis d’Amérique, en faux arbitres, entendent engranger des dividendes quelles que soient les évolutions de la situation. Partisans de la guerre et du dialogue, ils laissent faire en attendant l’épilogue. Sans s’impliquer directement, ils ne s’excluent pas pour autant.

 

Les États de la Cédéao ambitionnent un rôle hors de leur portée. Leurs 3000 hommes doivent à la fois « sécuriser la transition » et partir à la  « reconquête » du Nord.

 

À Bamako les différents centres de pouvoirs éclatés, concurrents et rivaux, font semblant de s’entendre. Ils n’ont qu’un accord, faire le dos rond le temps que puisse s’établir le fait accomplit de l’intervention dans l’Azawad.

 

Le vice-secrétaire général de l’ONU recadre les ambitions sans démasquer les prétentions ni départager les options. Il appelle à s’abstenir « d'exacerber les tensions existantes ni d'aggraver une situation humanitaire déjà précaire ».

 

Le Mnla, rejoint par des élus touaregs de Tamanrasset, se prononce contre toute ingérence dans l’Azawad. Il préserve les populations civiles par son refus de combattre dans les villes ; mais risque, par son refus de l’intervention internationale, de se retrouver dans la même tranchée que les islamistes.

 

La situation semble inextricable ! Sauf que peut-être il suffirait d’aborder l’écheveau par le bon bout ?

 

La priorité des priorités doit être de déjouer les plans du GSPC et de ses acolytes – Iyad Ag Ghali y compris -. Les islamistes incrustés dans les villes de l’Azawad ne sont qu’une poignée. Leur force tient dans la tactique qu’ils déploient. Enkystés dans les villes, ils font des populations leur meilleur rempart : un bouclier humain. Le fait n’échappe à personne, et les faux semblants sur cette question rendent toutes les positions suspectes.

 

Les militaires comparent le désert à la mer. Alors, comparons Kidal, Tombouctou et Gao à des paquebots qui seraient tombés entre les mains de pirates. La comparaison est utile parce qu’elle montre l’inanité qu’il y a à laisser ces navires se ravitailler de la manière la plus ordinaire. L’enjeu dans une prise d’otage est toujours de retourner la situation en défaveur des ravisseurs. Elle est ensuite d’imposer la négociation afin de soustraire les captifs sans céder aux exigences des kidnappeurs. Or, depuis des mois, ces villes prisons continuent d’avoir les rapports « normaux » avec le reste du monde ! Ce seul fait montre que les projections d’opérations de « reconquête du Nord » ou de « dialogue politique » ne sont que des balivernes !

 

S’il existe une réelle volonté de faire de l’Azawad le tombeau du GSPC et de ses compères la démarche est à l’évidence d’encourager les populations à quitter les villes investies par les islamistes. Cela suppose la création de structures conséquentes pour assurer l’accueil des populations soustraites aux villes. De la sorte, l’aide aux populations cessera d’alimenter des villes prisons qui ne peuvent connaitre une vie normale.

 

C’est la mise en place, le financement et la gestion de ce volet humanitaire qui devrait accaparer l’attention de la communauté internationale. De sa bonne conduite dépendront l’engagement et le sort du volet militaire. Sans opération humanitaire, toute intervention dans l’Azawad sera un sauvetage et un renforcement des groupes islamistes.

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