Partager l'article ! Bouteflika détient le pouvoir.: La levée de l’état d’urgence. Si la levée de l’état d’urgence n’implique finalement pas l ...
La levée de l’état d’urgence.
Si la levée de l’état d’urgence n’implique finalement pas le rétablissement des libertés publiques, il faut bien relever qu’elle semble néanmoins changer la donne au sein du système. Elle met
sous le feu de la rampe un groupe qui devrait désormais être considéré comme les tenants du pouvoir. Finalement cette la levée de l’état d’urgence indique plus une prise de distance de
l’institution militaire par rapport aux politiques, qu’un retour à un régime normal de libertés.
L’apparition, autour du chef de l’Etat, d’un groupe qui concentre entre ses mains l’ensemble des leviers institutionnels ; constitué, du chef de gouvernement, du président
de l’alliance dite présidentielle, des présidents du conseil constitutionnel, de l’assemblée et du conseil de la Nation, n’est pas un fait à négliger. De fait, elle met ce
groupe dans une position frontale face à l’aspiration de changement portée par la société. La donne sécuritaire est désormais évacuée du centre de l’action du pouvoir. Donc il s’agit probablement
d’une double clarification. D’abord sur les tenants du pouvoir, et on voit bien que ceux-ci ne sont pas très enthousiastes à quitter la pénombre. Ensuite sur l’hypothèque sécuritaire, comme
justificatif tous azimuts à l’absence d’une gouvernance réelle.
Il semble donc que l’ANP aie tirée les leçons des évènements de Tunisie, et d’Egypte. Où, par leurs prises de distance, les armées nationales ont pu jouer un rôle important
dans l’amorce du changement sans effondrement des Etats ; et certainement, aussi, du cas Libyen, où justement l’effondrement du noyau d’armée Libyenne a précipite ce pays
dans les affres d’une guerre civile, qui peut se doubler durablement d’une ingérence étrangère. L’ANP, tente certainement de se prémunir du rejaillissement sur elle du discrédit de ces
politiques, qui a toutes les chances d’atteindre ses dernières limites avec une mauvaise gestion de l’aspiration au changement de système.
Ce groupe a certainement l’impression de s’être renforcé. Débarrassé du poids institutionnel de l’ANP, il peut renforcer sa politique autoritaire assise sur la dilapidation de la richesse
nationale, et le renforcement des capacités répressives de la police et de la gendarmerie. Mais, il ne peut penser cela que par ce qu’il lui échappe que l’exigence de changement
est une donnée historique objective et non un besoin subjectif de quelques intellectuels militants.
Article 30 : "Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se
livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés."
Déclaration universelle des droits de l'homme