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Publié par mohand

 

Chadli.jpg

 

 

 

La dernière crasse d’un homme sans envergure. C’est la qualification qui sied le mieux aux propos de Bendjedid  qui font les choux gras de la presse depuis hier. Cette « révélation », à elle seule renseigne sur l’idée que l’homme se faisait des mémoires qu’il consignait. Larbi Belkheïr, son imminence grise depuis qu’il était à la tête de la II région militaire, lui aurait fait deux partis dans le dos ?!! Le fis et le Rcd. Cette affirmation qui a longtemps animé les discussions de cafés, normal elle est de ce niveau-là, va assurer les ventes de mémoires posthume qui, je peux l’affirmer sans risque de me tromper, ne révèleront rien des secrets du système, et ne contribueront en rien à expliquer les mécanismes occultes qui commandent à son fonctionnement. Même un pied dans la tombe, l’omerta est de mise. Ces hommes taisent les secrets de leur système.

 

Ces mémoires nous permettront-ils de savoir qui de Belkeir ou de Chadli a fait l’autre ? Autant espérer qu’ils nous disent qui de l’œuf ou de la poule est venu le premier. Mais pour qui veux avoir quelques renseignements, le témoignage de Hocine Malti, dans l’histoire secrète du pétrole, est un bon aperçu de la communauté de destin de ces deux hommes. 

 

Lardi Belkheïr aurait créé le Fis et le Rcd ? Sur le double plan historique et politique l’affirmation est absolument fausse.

 

Si elle a pour sens de suggèrer une préfabrication de ces deux forces. Il faut revenir à la genèse de ces deux partis.

 

Le Fis, conglomérat de noyaux islamistes préexistants aux évènements d’octobre, à sa constitution, il a aggloméré sans distinction : les groupuscules Djihadistes – que Chadli avait gracié auparavant - , les Afghans de retour en Algérie, et les différentes phalanges prosélytes dites de la da’wa.

 

Pour ce qui concerne le Rcd, c’est bien avant Octobre 1988 qu’il s’était cristallisé au sein du Mcb. Sa création, a été amorcée probablement à partir de 1985, avec la très forte dissidence au sein du Ffs, provoqué par l’ "entente" de Londres. Elle s’accélèra à partir de fin 1986 avec la constitution d’une coalition entre l’aile libérale du Mcb – autour de S Saadi - et une partie de la gauche du mouvement issue de l’Ort – menée par M Bacha -. L’apparition publique de cette coalition sous le sigle Rcd, pouvait surprendre et paraître comme une improvisation, mais elle était loin de l’être.

 

Par contre, si la signification de la révélétion de Chadli est d’accréditer de sa part un certain attachement à une application stricte de l’Article 40 de la constitution de 1989, force est de se référer aux délibérations publiques du tribunal militaire de Blida lors du procès du Fis pour relever la grande entente qui régnait entre Bendjedid et les chefs du Front islamiste. Il est aussi difficile de ne pas convoquer içi les coups de pousse que Chadli a apporté avec constance aux islamistes. C’est sous son règne que l’égyptien El Ghazali avait fait un fort mauvais sort à Mohammed Arkoune. C’est Chadli, qui devant la monté du Mouvement culturel – résurgence du mouvement national, à l’image de la crise algérianiste de 1949 – avait aménagé de grands espaces aux islamistes : Forum de Tlemcen, université islamique (iste) de Constantine, Imama cathodique d’El Ghazali, et, pour finir, c’est lui qui assurera la promotion des intégristes en [indus] représentants des évènements fomentés d’Octobre 1988. Alors d’où pourrait sortir cette « opposition » de Chadli à la création du fis ?

 

Pour ce qui est de l’autonomie politique des deux mouvements, il faut juste revenir à leurs programmes politiques et à leurs mots d’ordre. L’attaque est insidieuse et elle semble viser exclusivement le Rcd.

 

A l’évidence, un président qui insinue, c'est un président qui ne sait pas grand-chose, ou à défaut un président qui pour assouvir une vengeance sème le doute et la rumeur. Le ralliement du Rcd, quelques jours après le 26 décembre 1991, à  l’arrêt du processus électoral a dû probablement couter à Chadli Bendjedid.

 

Pour paraphraser un ministre français, disons qu’un président, ça sait ou ça se tait ! Mais au-delà, il faut souligner qu’il est temps pour l’opposition démocratique d’écrire l’histoire de ses luttes et de ses combats. Il lui faut s’extraire de la gangue du pseudo multipartisme actuel, pour jeter les bases et les fondements de la véritable démocratisation du pays.

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