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Publié par mohand

http://africamix.blog.lemonde.fr/files/2012/10/Sanogo.jpg

 

L’essentiel du pouvoir à Bamako demeure aux mains de la junte du 22 mars. Un fait que confirme la mise en résidence surveillée de Cheick Modibo Diarra, contraint à la démission à la suite à son enlèvement par les hommes du capitaine Sanogo. Qui peut encore rester dupe de cette vérité ?

 

C’est toute la stratégie dialoguiste qui se trouve ébranlée, si tant est qu’elle ait pu avoir du crédit et paraître constituer une voie vers une réelle sortie de crise.

 

Il en est aussi de même de l’option guerrière promue par Paris, par CDEAO interposée. Une intervention militaire dans l’Azawad reste non seulement inappropriée et en totale inadéquation avec les réalités concrètes de la crise, mais elle ne peut aucunement être autre chose qu’un élément du jeu d’influence qui se joue dans le Sahel. En aucun cas, elle ne peut constituer un facteur de stabilisation et de paix.

 

L’Algérie subit le contrecoup d’une stratégie construite sur l’occultation de la crise institutionnelle ouverte par le coup d’État du 22 mars. La CDEAO par un tour d’illusionniste a fait passer la continuation du coup d’État en arrière-plan d’un processus transitionnel purement formel. Elle avait besoin d’un semblant de légitimité à Bamako pour en faire « l’émanation » de la démarche interventionniste. De son côté, l’Algérie, a trop vite avalisé cette mystification puisqu’elle-même trouvait son compte dans la pseudo crédibilité du nouveau pouvoir, autour duquel elle entendait organiser « le dialogue ». Le retour à l’avant-plan des hommes de Sanogo déstabilise tous les jeux.

 

Les deux pseudos réponses à la crise de l’Azawad perdent tout crédit. Que peut valoir une intervention ou un dialogue suscité ou centré sur un pouvoir formel articulé à distance par le Camp de Kati ? Aucune.

 

Reste à espérer que le conseil de sécurité de l’ONU prenne la mesure de deux choses essentielles. D'un côté de l’ampleur de la crise humanitaire qui se développe au nord Mali et de l'autre de l’importance du MNLA comme acteur majeur et incontournable dans la résolution de cette crise. Le MNLA qui a engagé le combat contre l’une des organisations islamistes qui écument la région mérite le soutien et l’appui de la communauté internationale.

 

Le CEMOC peut-il être le cœur d’une réponse globale à la situation dans l’Azawad ? Une réponse qui serait construite autour des impératifs humanitaires d’aides aux populations civiles et de leur soustraction à la menace des groupes islamistes qui n’hésiteront pas à en faire un rempart défensif. Certainement, mais il faut, pour cela, que l’Algérie réinterroge sa position. Sans cela, la crise malienne aura été pour notre pays une insupportable série de revers : le personnel d’un consulat qui tombe entre les mains d’un ennemi connu d’avance. Une position dialoguiste qui ne peut avoir plus de crédit que n’en ont les autorités dites de transitions articulées par le CNDRE. Une évaluation erronée du rapport de force tronqué par les soutiens moyen-orientaux en faveur du mouvement d’Iyad Ag Ghali, et l’absence de soutien en faveur du MNLA qui lui a fait la preuve de son engagement en faveur de la stabilité régionale…

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