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Publié par mohand

Adimi

Le politologue Ahmed Adimi: il faut réformer vite (DR)

 

 

 

 

Il faut réformer et vite, recommande Ahmed Adimi, docteur en Sciences politiques et colonel à la retraite car l’Algérie est sur la pente de la désobéissance civile. Intervenant au cours d’une Adimi rencontre organisée ce samedi par un centre d’études à Alger, le Dr Adimi a estimé que la promulgation de nouvelles lois ne fait pas le changement.

 

Les émeutes qui éclatent quotidiennement un peu partout en Algérie sont annonciateurs d’une explosion sociale généralisée. Ahmed Adimi, docteur en sciences politiques et colonel à la retraite, a invité, ce samedi, lors d’une conférence au centre culturel Azzedine Medjoubi, le  pouvoir algérien à opérer des réformes urgentes pour éviter le pire. « L’Algérie est au bord de la désobéissance civile », a-t-il prévenu en faisant référence aux 9000 contestations violentes enregistrées à travers le pays depuis janvier 2010. La situation « explosive » que vit l’Algérie, d’après lui, est favorisée par la démission de l’élite, de la classe politique et de la société civile. « Le pays compte 80 000 associations qui ne font rien d’autre que parasiter le budget de la nation », a-t-il dit, lors d’une rencontre organisée par le Centre Amel el-Ouma “Espoir de la Nation” d’Etudes et de Recherches Stratégiques. Au sujet des reformes politiques annoncées récemment par le président Abdelaziz Bouteflika, il estime que le changement ne consiste pas à promulguer de nouvelles lois. « Il faut changer tous les responsables, de la daïra  jusqu’au sommet de l’Etat », a préconisé l’ancien militaire.  Les exigences des Algériens sont connues. Il est question, en premier lieu de « juger les responsables corrompus et  de restituer au peuple son argent volé et déposé dans les banques étrangères ». Faute de ces changements, prévient-il, l’Algérie risque de vivre le même scenario que la Libye et le Soudan, à savoir une guerre civile qui mènera, par voie de conséquence, à la « partition du pays ».


Les régimes de Ben Ali et Moubarak sont toujours là


Ahmed Adimi a estimé, par ailleurs, que le plus dur reste à faire en Tunisie et en Egypte. A ses yeux, il n’y a pas eu de révolution dans ces deux pays mais juste des « soulèvements ». La révolution, note-t-il, est dotée d’une direction et d’un programme d’action et implique un changement radical. Ce que n’est pas le cas dans ces deux pays où « la gestion de la période de transition est  confiée aux anciennes figures des régimes », à savoir  Caïd Essebsi  en Tunisie et le maréchal Tantaoui en Egypte.  Le colonel à la retraite soutient que la direction de l’armée égyptienne a été purgée des vrais patriotes, après les accords de Camp David et qu’il ne faut pas lui faire confiance. Pour le cas de la Tunisie, Adimi trouve « aberrant » de confier, même provisoirement,  la direction d’un pays qui a étonné le monde entier avec la force de sa jeunesse, à un vieux de plus de 80 ans qui, de plus, était ministre de l’Intérieur dans l’ancien régime.  Quant à la Libye, sont sort est déjà scellé. « Il va y avoir certainement la mise en place d’un  nouveau Etat à l’est de la Libye. Cet Etat est déjà reconnu par  les puissances occidentales », a-t-il dit en désignant le CNT, basé à Benghazi. L’ancien militaire a indiqué pour ce qui concerne le Maroc, que « le roi a su anticiper les événement en procédant rapidement à la révision de la Constitution qui confère plus de pouvoir au gouvernement ».  En revanche, le docteur Abdelaziz Hariti, président du centre « Espoir de la nation » a considéré que ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte a permis de briser le mur de la peur et de donner l’exemple à tous  peuples arabes.   Pour lui, les consultations politiques initiées par les dirigeants algériens  « manquent de crédibilité » et le « régime utilise toujours la  répression policière pour empêcher les manifestations politiques et sociales », dit-il.

 

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