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Publié par mohand

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M. Mahmoudi. a estimé, lors de son passage au forum du journal El Moudjahid, que “c’est maintenant que nous devons défendre le plus notre arabité”, en précisant que “l’Algérie n’est pas berbère, mais amazighe, car elle est arabe”.

C’est quoi encore cette débilité ? Ce n’est pas avec de telles niaiseries que la Nation Algérienne pourra se défendre face à l’offensive de l’internationale islamiste. Il ne s’agit pas aujourd'hui d’une « banale » compagne terroriste qui mettrait à l’épreuve nos capacités sécuritaires, non. L'offensive est lancée tous azimuts contre les fondements de ce que Taleb Ahmed Ibrahimi désignait récemment comme les « entités nationales qui auraient dû laisser place à la grande nation ». L’heure est venue pour que la question nationale reprenne sa centralité dans les positionnements politiques.

Le nouveau concept stratégique du djihadisme islamiste s’appuie sur le projet américain de grand Moyen Orient qu'il tente de retabiliser pour créer un Khalifa. Les Etats-Nations actuels seront attaqués comme autant d’obstacles qui se dressent devant le projet passéiste. L’internationale islamiste pense avoir engrangé suffisamment d’acquis pour avancer dans cette voie. Elle dispose des richesses des pétromonarchies du Golf, des troupes Djihadistes disséminées dans tous les pays visés, de nouvelles positions de forces acquises dans les appareils d'Etats, à la faveur du prétendu « printemps arabe ». Elle compte même créer une sorte d’union sacrée en précipitant une guerre de religion avec l’Europe. Nos universitaires ne voient rien de cela. Ils ont trop longtemps été aliénés aux assimilationnismes arabes et musulmans, pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui.

Le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) lance une OPA sur les Etats-Nations issus des mouvements de libérations nationales. Ces Etats qui, nonobstant leurs bilans, ont été porteurs d’idéaux de libération, de justice sociale et d’émancipation. L'ultra réaction islamiste est passé à l’offensive pour les phagociter. Ce ne sont ni le chimérique « monde arabe », ni l’éculée « oumma » musulmane qui pouront être mobilisés pour déjouer ces plans. C’est plutôt tout le contraire. Toute chose qui participe de la négation des Etats-nations modernes servira l’ultra-réaction islamiste. M Abdelkader Mahmoudi, notre professeur de relations internationales,  peut-il comprendre d’où vient le vrai danger aujourd’hui ? Si c'était le cas, il se serait dispensé de parler de choses qu’il ne semble pas avoir réfléchit. il faut concèder, à sa décharge, qu’en Algérie les perceptions identitaires restent superficielles et sans pertinences. Le fameux triptyque « arabité + Islamité + Amazighité », s’il a fait sensation un temps montre depuis des années toute sa superficialité et sa totale « inopérance ».

L’Algérie, n’est ni la Tunisie, nie le Maroc. Elle n’est pas l’Egypte, et elle a encore moins à avoir avec les pays du CCG. Toutes ces nations ont leurs histoires propres, elles ont leurs propres cheminements d’émergence. L’Algérie moderne est née d’un processus de colonisation ; elle s’est affirmée dans la négation du système colonial. Les apports « arabes » dans son processus d’émergence ont été déstructurants. Sans l’influence de Chekib Arslan, de la ligue Arabe et du Nasserisme, l’Algérie n'en serait pas encore, cinquante ans après l’accession à son indépendance, à chercher son identité . Aujourd’hui nous payons l’injustice faite au courant Algérianniste du PPA-MTLD en 1949. L’Algérie se définit de façon pertinenete par son combat libérateur, que l'on pourrait désigner par « Novembre ». Il part du combat de Hadj Ali abdelkader, pour aboutir à combat patriotique des démocrates algériens face à lhydre islamiste en passant par l’œuvre nationale de Ramdane Abane, l'arcitecte de l'institutionnalisation du combat libérateur. Tamazight, l’Arabe et le français sont des éléments constitutifs de notre culture. Ils ne suffisent pas à définir notre notre identité qui est l’Algérianité.

Les formules creuses, dénuées de sens vont faire le lit des assimilationnistes qui veulent nous mener à notre perte.

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