Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par mohand

http://i881.photobucket.com/albums/ac14/mob_dz/bouteflika1-1.jpg

 

Le premier des camouflets est matérialisé dans l’afflux d’astronomiques quantités d’armement vers l’Azawad. Il s’agit bien sûr de l’une des désastreuses conséquences de la position algérienne dans la crise libyenne. Le contrôle des dépôts d’armements de l’ex Jamahiriya devait mobiliser tous les moyens de la part de l’Algérie. L’état d’abondant de ces dépôts pouvait être un objectif recherché, délibérément, par les pays de la coalition, et devait être intolérable pour notre pays. Cette prolifération est l’une des conditions fondamentales de la dégradation actuelle des conditions sécuritaires dans le Sahel.


 

L’Algérie a-t-elle mesuré l’étendue des mutations intervenues dans le champ sahélien ? Pas sûr ; il n’y a qu’à voir le sort catastrophique auquel a été exposé notre consulat à Bamako. Le rapport de force dans cette zone s’est lourdement détérioré sous l’impact de nombreux facteurs, mort d’Ibrahim Ag Bahanga, afflux de djihadistes en renforts aux éléments du GSPC et apparition d’un groupe islamiste autochtone… Le sort dramatique de notre consul à Gao et quelques-uns de ses collaborateurs, enlevés par les terroristes islamistes montre à quel point que l’évaluation de la situation faite par notre diplomatie et nos structures spécialisées était erronée. Nouveau camouflet

 

En théorie l’Algérie disposait des moyens nécessaires au traitement de la situation. Le CEMOC, Comité d’état-major opérationnel conjoint, structure militaire d’état-major regroupant des forces armées de l’Algérie, du Mali, du Niger et de la Mauritanie, mis en place en avril 2010, basée à Tamanrasset, devait trouver-là son baptême de feu.  Il n’en sera rien, la crise malienne avec ses deux volets institutionnels (à Bamako) et politicosécuritaires (dans l’Azawad) va être l’apanage des pays de la CEDEAO. L’Algérie dont 1500 km de frontière sont inclus la zone crisogène va assister en tant que « membre observateur » aux réunions de la CEDEAO, dont seul la Mauritanie et le Niger sont limitrophe de cette zone. Le Cemoc, amputé de fait de l’armée malienne, compromise dans un coup d’État, ne s’imposera pas comme « le cadre » du traitement de la menace terroriste au nord d’un Mali faillit. La Cedeao va servir d’interface à l’action Française dans la zone. Le Cemoc a vécu ? Perçu comme une initiative anti-française il laisse, jusque-là, la place à la Cedeao largement profrançaise. Autre camouflet.

 

L’Algérie et la France vont « diplomatiquement » croiser le fer. La France s’engage pour la préparation d’une intervention militaire au nord Mali, ses efforts vont aboutir à l’adoption d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU autorisant le déploiement d’une force africaine de stabilisation. De son côté, l’Algérie campe sur une position dite de « recherche d’une « solution politique » ». Etonnamment, elle privilégie Ansar Dine comme interlocuteur au détriment du MNLA. Découpler le groupe islamiste « autochtone » du reste de la nébuleuse djihadiste, tel semblait être l’objectif de l’Algérie. Option risquée qui aboutit à un autre camouflet : ce partenaire « privilégié » se soustrait aux discussions politiques, auxquelles il n’a pris part qu’en application de la doctrine islamiste de la Taqiya. Pire, il se place en tête de pont d’une marche islamiste vers Bamako. Et, toc… encore un camouflet…

 

Les islamistes en maître de la situation ont décidé du moment de la confrontation. L’Algérie officielle se couche, elle ouvre son espace aérien aux escadrons de l’armée de l’air française pour aller stopper la marche vers Bamako. La position promue depuis des mois par le chef de l’État s’est effondré ! Pourtant, sans son opposition l’armée algérienne aurait agi sur le volet sécuritaire de la crise dans l’Azawad dès les premières semaines. Pour rappel, la presse algérienne a rapporté l’annulation, sur injonction, d’une planification avancée visant des objectifs terroristes.

 

A la veille de la seconde guerre mondiale, Winston Churchill lançait à l’adresse des membres de la Chambre des communes anglais : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. ». L’épisode d’In Amenas corrobore parfaitement cette sentence. La guerre est frontale, et le déshonneur totale. Les terroristes ont apporté la preuve que le pouvoir en place a échoué y compris dans la protection de ce qui lui est vital : les gisements et installations d’hydrocarbures. Ce pouvoir peut être soupçonné de tout sauf de délaisser les zones pétrolifères. Elles étaient censées être un bunker imprenable. Elles s’avèrent aussi vulnérables que nos villages et quartiers ! Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Comment expliquer que les promesses grandiloquentes de « grandeur », de « fierté », de « relèvement de tête » ont-elles amené une telle fragilisation de la Nation ?

 

La position algérienne va se faire de plus en plus difficile. Les terroristes islamistes, nous ne le savons que trop bien, ne sont pas à sous-estimer. L’expérience de lutte anti-terroriste a montré que cette bataille ne se gagne que par l’offensive. Mais cela est une préoccupation d’une autre étape. Pour le moment relevons que l’épisode d’In Amenas a apporté la démonstration que les équipes en places n’ont pas les capacités nécessaires pour mener la guerre qui s’annonce.

D’un autre côté, l’engagement des combats au sol au Mali amène de nouvelles exigences. Une monté en puissance de la couverture aérienne à laquelle la seule autorisation de survol n’est plus une réponse suffisante. La prise en charge de la crise humanitaire, pour laquelle les états de la CEDEAO n’ont ni les moyens ni les capacités. Et surtout un retour rapide au cadre multilatérale fixé par les résolutions du CS de l’ONU pour la stabilisation de la situation malienne.   

 

Jusqu’à quand l’Algérie se soustraira-t-elle à ses devoirs envers les populations maliennes ? Jusqu’à quand perdurera la politique Bouteflikienne de bridage du potentiel patriotique national, à commencer par celui de l’armée nationale ? À ce point des évènements, il est inévitable de se remémorer les déclarations qui ont émaillé le premier mandat : celles révélant une sympathie juvénile aux islamistes ou celles illustrant une forme de vindicte à l’égard de l’armée. Il faut reconnaître à Bouteflika la constance de ses amitiés et ses désamours.

 

Janvier 1992-Janvier 2013, mutatis mutandis l’Algérie en revient au même point. Elle n’a de possibilité de sauvegarde qu’en sa capacité à s’appuyer sur son armée. Cette institution a par le passé payé le prix du sang pour porter secours et assistance aux populations sahraouies, en témoigne l’Oasis d’Amgala avec ses héros du 41e bataillon d’infanterie. Elle l’a fait aussi pour défendre Le Caire, en témoignent les faits d’armes de la 8e division blindée aux fins fonds du Sinaï.  Elle l’a aussi fait en brisant les bataillons de la réaction en arme et en mobilisant, autour d’elle, des centaines de milliers de patriotes… Aujourd’hui notre sécurité nationale se joue dans notre profondeur au sud. Il faut en prendre la mesure et que tout un chacun prenne ses responsabilités.


Il fut un autre temps, un temps où l’Algérie déjouait les camouflets… Nous sommes dans un autre, où elle les collectionne ! Ce temps arrive-t-il à son terme ?

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article