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Publié par mohand

Syrie : JEAN-FRANÇOIS KAHN A LA DIRECTRICE DU "MONDE".

MADAME LA DIRECTRICE DU "MONDE", VOILÀ POURQUOI VOTRE EDITORIAL M'A SCANDALISE

 

PAR JEAN-FRANÇOIS KAHN

Les directeurs de journal ne devraient jamais prendre le risque de commettre des articles qui seraient refusés si un rédacteur de base les avait écrits. Ainsi l'éditorial en une signé, l’autre lundi, par la directrice du Monde, Natalie Nougayrède, s'aligne, certes, sur les positions de Bernard-Henri Lévy mais pas, hélas, sur son style. Que claironne cette excellente personne dans cet article interminable (un édito se devrait, pourtant, d’être court) ? Qu’il faut absolument intervenir militairement en Syrie, même sans aval des Nations unies, ce qui fut, rappelons-le, le cas quand la coalition bushiste envahit l’Irak.

A l'évidence, l'avis contraire ne lui inspire aucun respect (elle a d’ailleurs refusé tout débat, c’est plus simple) puisqu’elle l’assimile à une complicité « cynique » avec les assassins (pourquoi pas une « complicité objective », comme au bon vieux temps !). Ainsi le pape, qui condamne toute intervention, est complice. Ne rendons pas la pareille à Mme la Directrice. La prise en compte démocratique des arguments de l’autre nous l’interdit. Donc, on ne saurait a priori diaboliser la position interventionniste. Nous devons admettre qu’elle est bien intentionnée. Et peut-être même juste. A cette condition, cependant : Natalie Nougayrède assumera-t-elle les éventuelles conséquences de ses recommandations ?

Car, enfin, nous traînons derrière nous un sacré arriéré de folies passées ensuite par profits et. pertes. Ça a mal tourné ? On n’y est pour rien ! La catastrophe cataclysmique irakienne ? Aucun regret, aucune autocritique. Les retombées maléfiques de l’aventure libyenne ? BHL est prêt à remettre ça. L’évacuation lamentable de l’Afghanistan à feu et à sang, Al-Qaida confortée ? De l’histoire ancienne !

Par pitié, ne nous répétez pas, comme ce juge de l'affaire Dreyfus : « Ces questions ne seront pas posées. » Quelles questions ? Celles-là : si une intervention fait sauter le chaudron syrien ; si les jihadistes radicaux en profitent pour envahir l'espace ainsi dégagé et régler leurs comptes à leur façon ; si on assiste à un massacre généralisé des alaouites, des chrétiens, des laïcs et des Kurdes ; si Al-Qaida, comme elle l'a annoncé, se joint à l’offensive occidentale ; si cette horreur provoquait un sauve-qui-peut de millions de civils, comme aujourd'hui de ces Kurdes que les islamistes radicaux égorgent ; si un affrontement général entre sunnites et chiites embrasait la région et faisait voler le Liban en éclats... Dans ce cas, madame la Directrice, assumerez-vous ? Ou vous en laverez-vous les mains ?

Une chute de Bachar al-Assad, de l'affreux Bachar al-Assad, nous sommes prêts à en fêter l'annonce avec vous. Champagne ! Mais vous fêteriez-vous, tout autant le succès des Saoudiens et des Qataris, à qui on ne refuse plus rien quoique leur régime soit aussi totalitaire que le syrien et plus rétrograde : 1 éradication régionale de toute alternative démocratique et laïque ?

A l'inverse, si ce que vous recommandez permet de pacifier la région, apporte le bonheur aux Syriens et conforte les idées de démocratie et de laïcité, je vous jure que je vous rendrai hommage. Que je ne cesserai de vous rendre hommage. Une chance de vous convaincre ? Aucune. Voilà, en effet, ce que vous écrivez : « L'emploi d’armes chimiques à grande échelle par le régime syrien le 21 août ne fait aucun doute » et, plus loin, « Nul ne-doute [nul ?] que si, sur place, les inspecteurs de L’ONU ne trouvent pas de preuves, c’est que le régime syrien s'est employé à les détruire ».

Aucun doute ! Nul ne doute ! Dans le Monde ! Notre modèle, l’incitation permanente, et cartésienne, à conforter nos opinions par le doute. Que se passe-t-il ? Aucun doute ?

Bachar al-Assad est absolument capable d'un tel forfait. Quand ? Au moment, juste au moment, où les inspecteurs de l'ONU arrivent à Damas, et cela à 10 km de la capitale syrienne ? Aucun doute ? Admettons...

Quand des obus sont tombés sur l’université d’Alep, faisant 70 victimes parmi les étudiants, cela ne faisait aucun doute, y compris pour le Monde, qu’il s’agissait d’un crime de plus des séides de Bachar. Mais, en l’occurrence, c’était les rebelles. Peut-être non volontairement. Le journaliste français tué par un sniper ? Victime de la soldatesque du régime : aucun doute ! Mais c’était les rebelles. Par inadvertance.

Dans les années 50, l’Humanité - le journal - nous décrivait une guerre de Corée manichéenne, en noir et blanc, les anges face aux démons, et seuls les démons, ces salauds d’Américains, pouvaient utiliser des armes bactériologiques. Mais le Monde ? Notre boussole ?

Les armes de destruction massive de Saddam Hussein ? Aucun doute ! Timisoara ? Aucun doute ! Les horreurs qu’une officine mise sur pied par Tony Blair inventa pendant la guerre des Balkans (la presse anglaise, elle, s’en est excusée) : aucun doute !

D’ailleurs, rappelez-vous, madame Nougayrède... Que le président géorgien. Mikheil Saakachvili, fut un démocrate libéral exemplaire, cela non plus ne faisait « aucun doute ».

Eh bien, moi, je doute. Je doute beaucoup. Et je considère « l’enquête » comme une façon d’affronter et de transcender ce doute. D’ailleurs, si je ne doutais pas - je serais alors un militant -, je me serais abstenu de donner dans le journalisme. ■

 

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LOUANCHIL 10/09/2013 14:12

DEVOIR DE MEMOIRE HOCINE LOUANCHI


HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE

lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.
Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

Calixte Megnassan 08/09/2013 15:45

Le grand ennui, c'est qu'on a beau dire que l'histoire jugera les belliqueux qui prônent l'interventionnisme en Syrie, ils le savent, l'histoire, ce sera toujours après eux et cela ne les touche pas. Dreyfus a souffert pour rien ... les fomenteurs de la cabale contre le capitaine Dreyfus ont il payé ? Vous verrez bien que BHL s'en sortira indemne aussi ... nos critiques lui glissent sur la peau comme de l'eau sur le dos d'un canard ! Tout le monde sait qu'aujourd'hui Bush a menti pour intervenir en Irak ; qui le poursuit aujourd'hui ? Même pas les familles des milliers de soldats américains tués en Irak ...

Pierrette 05/09/2013 18:29

Merci pour cet article qui tranche avec le concert des médias et politiques, tous le même discours.
C'est affolant. Ceux qui ne doutent pas seront un jour jugés par l'histoire

Hutin gonzague 05/09/2013 08:25

Ras le bol, ras la fiole (d'anthrax) !
La grande manip continue au service exclusif des stratèges de mise en chaos des nations qui dérangent l'expansion des protégés qui peuvent impunément utiliser leur bombes à fragmentation, leurs bombettes à uranium appauvri, etc... De qui se moque-t-on ?

Hutin 05/09/2013 07:45

Absolument d'accord ! Résistons à ces empressés dont les mobiles sont troubles